La Mort du Père Dugué
(clic droit sur le titre, "enregistrer sous...", mp3).
Lecture : Juliette & Milunisu
Nouvelle
Durée : 1h - (54,5 Mo).
« - D’abord, ça l’a pris dans l’vent’e,... y a pas tant seu’ment huit jou’s. Mon Dieu, t’nez, c’tait jeudi d’ l’au’ semaine... des c’liques, des c’liques, ça y tordait les bouyaux... Et il allait, il allait, y n’arrêtait point d’aller... i n’mangeait quasiment ren... eune p’tite poire l’matin, un morceau d’fromage l’soir... Alors i s’a couché... Et il a eu eune fieuvre, Jésus Dieu ! eune fieuvre,... i guerdillait...
Le médecin tâtait le pouls du malade d’un air grave.
- Il ne s’est pas plaint de la tête ? demanda-t-il.
- Ah ! malheu !... si i s’en plaint ? Et fô...
- Pas de délire ?
- S’i vous plaît ?
- Il n’a pas eu de délire ?
- J’crai pas... i n’en a ren dit... Vous v’lez p’tête voir son iau ?
Sans réponse, le médecin souleva les couvertures du lit et, à plusieurs reprises, appuya fortement sa main contre le ventre du père Dugué, qui, couché sur le dos, la bouche ouverte, ne remuait pas et de temps en temps poussait une plainte étouffée, puis il hocha la tête et se mit à écrire une ordonnance. [...] » (Recueil, Contes cruels).
Octave Mirbeau (1848-1917).
Texte intégral sur InLibroVeritas.
Écouter en ligne :
La Musique...
Saint Saëns - Danse Macabre - sous la direction de Wilhem Schuchter (1957).
Pour aller plus loin...
Un site consacré à Octave Mirbeau.



















