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Roman
Durée : 7h 20min - (398 Mo)
« Ils étaient cinq, aux carrures terribles, accoudés à boire, dans une sorte de logis sombre qui sentait la saumure et la mer. Le gîte, trop bas pour leurs tailles, s’effilait par un bout, comme l’intérieur d’une grande mouette vidée ; il oscillait faiblement, en rendant une plainte monotone, avec une lenteur de sommeil. [...] »
Écouter un extrait : Chapitre 01
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Livre 1 :
Chapitre 01
Chapitre 02
Chapitre 03
Chapitre 04
Chapitre 05
Chapitre 06
Les Compagnons de la mer
« De Loti, Mauriac disait « qu’il n’a jamais cessé de hurler à la mort. » Et Julien Green : « Il y a derrière ses livres le vide qu’il y a dans le ciel. ». La mort et le vide font de « Pêcheur d’Islance » un chant, un opéra funèbre, rythmé par la saison de pêche et l’hiver à terre, la camaraderie sur le bateau et les fêtes bretonnes où l’on boit, courtise et se fiance.
L’histoire est simple. Yann est marin des pieds à la tête. Il est « fiancé à la mer ». Il aime son métier. Il est un Islandais, comme on appelle dans la région de Paimpol et de Tréguier ces jeunes Bretons qui vont pêcher la morue au loin dans les mers du nord. La mortalité sur les bateaux est quatre fois plus importante qu’à la mine, on pêche parfois trente d’heures d’affilée dans des conditions épouvantables.
Mais Loti n’est pas Zola. Loti est un impressionniste. Il raconte entre genêts et calvaires une histoire d’amour où des sentiments naïfs et pudiques s’expriment en termes attendrissants et surannés.
Yann est fier et peu causant. Et il hésite, parce qu’il est pauvre, à marier Gaud, une fille d’armateur, un peu rêveuse, un peu étrangère, mal préparée à la vie d’attente de femme d’Islandais.
Il y a aussi Sylvestre, le jeune homme vierge, appelé à mourir au Tonkin sous l’uniforme français.
Il y a surtout la mer, qui a droit de vie et de mort sur ces sacrifiés volontaires.
Loti a des mots simples, aussi creux parfois que les mots des chansons, mais au creux desquels se cachent l’amour, l’indifférence de la nature, la condition humaine, la vaillance et le désespoir.
Il a aussi des silences, de merveilleux silences où s’engouffre une symphonie pathétique et singulière. Pêcheur d’Islande a l’innocence d’un sanglot, et l’émotion des chants désespérés. »
(Présentation de France Culture)

Tout un monde : Pierre Loti par Marie-Hélène Fraïssé, émission du 7 septembre 2008
« Loti, l’un des écrivains les plus adulés des années 1890-1910, fut à son insu le prototype de l’«écrivain–voyageur».
Tombé en disgrâce au cours du XXè siècle, il reprend du galon littéraire depuis une vingtaine d’année. La « Lotirature » est revisitée d’un œil nouveau par tous ceux qui ressentent la nécessité de se frotter au monde, à sa diversité, et qui goûtent son approche sensible autant que son style. »
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Deux films à voir...
Pêcher à Islande : mythes et réalités de la pêche à la morue
Un film de Patrice Roturier (1996 - 41 min).
«
L'expression des marins indique bien l'esprit de ce film : confronter le
mythe et la réalité de la pêche à la morue.
Le mythe, c'est celui qu'engendre l'incroyable succès de "Pêcheur
d'Islande" de Pierre Loti en 1886, et celui de "la Paimpolaise" de
Théodore Botrel en 1895.
La réalité, c'est celle d'une activité
économique ancienne : la pêche à Terre-Neuve commence vers 1500 et
concerne des ports de toute la Bretagne, Saint-Malo en tête. L'épopée
islandaise, de 1852 à 1935, est avant tout l'affaire des Paimpolais.
Le film, tourné en partie à Paimpol, propose aussi, pour la première
fois, des images des traces de la présence des Bretons en Islande, dans
des villages et des paysages d'une magnifique austérité. Il utilise
également des images tournées au début du siècle, et des photographies
totalement inédites retrouvées en Islande, qui suscitent une émotion
parfois poignante.
Se dégagent ainsi les rapports complexes entre l'argent, la peine des
hommes, l'alcool qui l'allège, et l'incroyable courage d'hommes dignes,
en dernière analyse, de créer le mythe. »

Islandais
Un film de Patrice Roturier (1999 - 52 min).
« En 1935, la Glycine rentre au port après six mois de pêche au large des côtes islandaise. Avec cette campagne s'achève une page de l'histoire maritime. L'équipage de cette goélette, comme quelques milliers de marins français, avait fui la misère pour pratiquer, au large de l'île blanche, le "Grand Métier" comme on disait alors.
En Islande, les traces et les souvenirs de la présence française font partie du patrimoine et de la mémoire collective. A travers les archives et le témoignages de ceux qui ont vécu les échanges avec les marins français, ce film nous conte l'histoire imaginée de la rencontre de Aurora l'islandaise et Jean-Yves le marin de Paimpol. »
Filmographie :
Jacques de Baroncelli, avec Charles Vanel, Sandra Milovanoff (1924)
Pierre Guerlais, avec, Thomy Bourdelle, Marguerite Weintenberger (1933)
Pierre Schoendoerffer, avec Jean-Claude Pascal, Juliette Mayniel (1958)
« Il y a derrière ses livres le vide qu'il y a dans le ciel, mais c'est par là qu'il est unique. Il s'est mêlé aux éléments. C'est l'air, c'est la pluie, c'est la terre qui parlent» (Julien Green).