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samedi 3 juillet 2010

Laurent Terzieff - Un feu sacré s'éteint



Laurent Terzieff (1935-2010)

Un feu sacré s'éteint...

« Acteur au visage et à la voix magnétiques, metteur en scène habité par la passion des mots, Laurent Terzieff, décédé vendredi à l'âge de 75 ans, a traversé plus d'un demi-siècle de cinéma et surtout de théâtre, dont il avait une approche aussi exigeante qu'œcuménique. Cet humaniste, cet artiste curieux et généreux, grand révélateur en France d'auteurs étrangers, s'était fait une place à part dans le milieu théâtral hexagonal.

Né le 27 juin 1935 à Toulouse (Haute-Garonne) de parents artistes plasticiens, d'ascendance russe par son père, ce passionné de poésie s'est épris des planches après avoir vu, encore adolescent, La Sonate des spectres de Strindberg, mise en scène par Roger Blin, qui sera l'un de ses mentors. Hantant les coulisses comme machiniste, souffleur, figurant, doublure, il débute en 1953 dans Tous contre tous d'Adamov sous la direction de Jean-Marie Serreau, autre des maîtres de Terzieff avec Jean-Louis Barrault, qui lui offre Cébès dans Tête d'or à l'Odéon en 1959. Le romantisme de son visage émacié et la beauté de son regard clair ont failli faire de lui un jeune premier de cinéma, quand Marcel Carné le révèle à 23 ans dans Les Tricheurs, portrait de la jeunesse de la fin des années 1950 qui marquera toute une génération. Bunuel, Clouzot, Godard lui confient des rôles.Terzieff noue des fidélités avec des réalisateurs italiens (Pasolini, Rossellini, Zurlini), Claude Autant-Lara (trois rôles) et le cinéma d'art et essai d'un Philippe Garrel (quatre films). Mais, épris d'absolu, il choisit le théâtre comme un sacerdoce, une mystique.

Il a cultivé comme personne le théâtre de fraternité

  En 1961, il fonde la compagnie qui portait encore son nom jusqu'à aujourd'hui, hébergée dans les petits théâtres privés de la capitale (Lutèce, La Bruyère, Lucernaire).  Là, il peut monter, loin des petits calculs commerciaux, les pièces inédites d'auteurs étrangers qu'il affectionne, comme Andréiev (La Pensée, 1961), Schisgal (Le Tigre et les dactylos, 1963), Albee (Zoo Story, 1965) et Mrozek (Tango, 1967).  Il propose également de nombreux spectacles de poésie autour de Rilke, Brecht et Milosz, puis Dernières lettres de Stalingrad (2001), un réquisitoire contre la guerre.  Acteur au jeu hors mode et d'une très grande force sensible, bardé de récompenses et de distinctions (Gérard Philipe en 1964, Prix de la critique en 1975, Grand prix national du théâtre en 1987...) sans pourtant avoir recherché la gloire, Laurent Terzieff avait perdu en 2002 sa compagne et partenaire de théâtre, Pascale de Boysson. Mais il avait encore et toujours trouvé la force de remonter sur scène, pour y révéler Mon lit en zinc de David Hare au Studio des Champs-Élysées (2006), Huguie d'Eugene O'Neill au Lucernaire (2007) ou plus récemment L'Habilleur de Ronald Harwood au Rive-Gauche (2009).  Cette dernière pièce, exaltation de l'amour du théâtre, prend aujourd'hui une allure testamentaire, à l'image aussi du Philoctète que Laurent Terzieff avait incarné l'automne dernier à l'Odéon. Visage creusé, corps malingre, l'acteur était capable, dans la peau de ce guerrier solitaire devenu infirme, de toutes les inflexions et modulations de voix, de la sérénité à l'éructation en passant par l'ironie mordante. Multiple et unique à la fois. [...] » (Source : DNA)

« Indépendant, exigeant et discret, cet autodidacte du théâtre avait révélé des auteurs tels que Andreiev, Mrozek, Milosz et les anglo-saxons James Saunders, Murray Schisdal, Edward Albee. Lors de la 24e cérémonie des Molières, Laurent Terzieff, acteur incandescent au visage émacié, avait été sacré meilleur comédien pour son interprétation de "L'Habilleur", de Ronald Harwood et de "Philoctète", de Jean-Pierre Siméon. "J'ai toujours œuvré pour une mixité entre un certain théâtre privé et l'aide publique dont je dispose", a-t-il déclaré en recevant sa récompense, soulignant que "le théâtre ne se laisse pas enfermer dans des clivages et des étiquettes" [...] ». Le Monde.fr









Laurent Terzieff - Entretien - Paris, octobre 2000.



Laurent Terzieff fait l'éloge du théâtre dans l'émission de Bernard Pivot, Bouillon de culture le 3 février 1995.


A la télé, à la radio...

   

Les chaînes de télévision France 2 et France 3 ainsi que France Culture ont annoncé des changements de programme en hommage à Laurent Terzieff.  

Les Tricheurs, film de Marcel Carné qui l'a révélé en 1958, aux côtés de Jacques Charrier, Pascale Petit et Jean-Paul Belmondo, sera diffusé sur France 3 le mardi 6 juillet à 22h45.  

Le 7 juillet à 22h10, France 2 diffusera L'Habilleur de Ronald Harwood, une de ses dernières pièces, qu'il a mise en scène et dans laquelle il jouait le rôle d'un comédien au soir de sa vie. 

De son côté France Culture diffusera le mardi 13 juillet à 20h Philoctète, son tout dernier succès au théâtre qui avait été enregistré pour la radio et consacrera plusieurs émissions à Laurent Terzieff. 

Dès dimanche, dans "Les Retours du dimanche" à 18h10, la radio évoquera son parcours et rediffusera à 20h l'émission "Affinités électives", dont Laurent Terzieff était l'invité en 2004. 

Lundi à midi, une émission sera consacrée à Laurent Terzieff. 

Et du lundi 5 au vendredi 9 juillet à 20h30, sera rediffusée la série d'entretiens "A voix nue" donnés en 1997 à Bernard Bonaldi. 

Sur France Inter :

Arès avoir ouvert sa bibliothèque à Vincent Josse il y a un peu plus d'un an, Laurent Terzieff avait accepté d'enregistrer des lectures de textes qui lui étaient chers.

Vous pouvez donc entendre sur le site de France Inter :

  • Le monde comme volonté et comme représentation d'Arthur Schopenhauer
  • L'Aveu d'Adamov
  • Les Élégies de Duino de Rainer Maria Rilke
  • L'Éloge de la vieillesse de Hermann Hesse
  • Les Ondines de Heinrich Heine
  • A ceux qui naîtront après nous de Bertolt Brecht
  • Les Cahiers de Malte de Rilke
  • Deux poèmes courts de Heinrich Heine

Pour aller plus loin...

samedi 22 mai 2010

Octave Mirbeau - Chez L'Illustre écrivain


Chez L'Illustre écrivain
(clic droit sur le titre, "enregistrer sous...", archive zip)

Lecture collective
Durée : 1h 10 min - (63 Mo)




Octave Mirbeau déploie dans ce texte (publié dans un recueil posthume) toute sa verve caustique et polémique. Chez L'Illustre écrivain est un prétexte pour railler Paul Bourget, la plume de la bourgeoisie conservatrice, au tournant du XXème siècle. Ces dialogues ont une double portée : humoristique dans sa plus grande partie, politique lorsque L'Affaire Dreyfus est abordée.


« L’Illustre écrivain, en froissant un journal :

— Et cette canaille de Mareuil qui dînait chez moi avant-hier, et qui n’a pas trouvé le moyen glisser mon nom dans sa chronique... Elle est forte, celle-là !... Non, mais ils s’imaginent que je les invite pour mon plaisir !... Elle est forte, celle-là !

Entre le valet de chambre.


Le valet de chambre :

— Monsieur, c’est encore un reporter.

L’Illustre écrivain :
  — Ah ! ah !

Le valet de chambre :
— Celui qui vient toutes les semaines interviewer Monsieur ! [...] » 


Octave Mirbeau (1848-1917)


Texte intégral sur Wikisource


Écouter un extrait : scène 1



Les Voix...

René Depasse : L'Illustre écrivain
Prof. Tournesol : Le Valet
Stefano Binaghi : Le Reporter
Ar Men : Madame Beauduit
David D. : Le Poète
Victoria : La narratrice

Réalisation : Prof. Tournesol


Télécharger le livre audio par scènes (mp3) : clic droit, "enregistrer sous..."


La Musique...


Camille Saint-Saens - Le Carnaval des Animaux, Grande Fantaisie Zoologique - Fossiles -
Solistes : Geza Anda & Béla Sik
Direction : Igor Markevitch


samedi 15 mai 2010

Jean Racine - Andromaque


Andromaque - Racine - Livre audio gratuit - Au Fil des Lectures
(clic droit sur le titre, "enregistrer sous...", archive zip)

Théâtre
Durée : 2h - (285 Mo) 



Andromaque est la troisième pièce écrite par Jean Racine et sa  première grande tragédie. Elle a été créée le 17 novembre 1667 devant la reine par la troupe de l'Hôtel de Bourgogne.

L'action se situe après la légendaire guerre de Troie, remportée par les Grecs. Le Grec Pyrrhus, « le fils d'Achille et le vainqueur de Troie » est tombé amoureux de sa prisonnière Andromaque, la veuve du chef troyen Hector, tué par Achille. Il délaisse Hermione, qu'il doit épouser. Oreste, de son côté, aime d'un amour fou Hermione. Andromaque est partagée entre sa fidélité à la mémoire de son mari et son désir de sauver son fils, également prisonnier. Soumise aux pressions de Pyrrhus, elle finit par accepter de l'épouser, avec le projet secret de se tuer aussitôt. Hermione, ivre de colère,  demande alors à Oreste de lui prouver son amour en assassinant Pyrrhus. Oreste s'exécute, mais Hermione après le meurtre, rejette Oreste et se tue sur le cadavre de Pyrrhus. Oreste sombre alors dans la folie et Andromaque devient reine.

    *  Acte I - Oreste, ambassadeur des Grecs, parvenu chez Pyrrhus, y retrouve un ami fidèle, Pylade. Amoureux d'Hermione, il vient au nom de la Grèce pour venir exiger de Pyrrhus qu'il mette à mort Astyanax, de crainte que le fils d'Hector ne veuille un jour venger Troie. Pyrrhus s'y refuse dans un premier temps. Puis il parle à Andromaque. Comme elle se refuse à lui une fois de plus, il menace de livrer Astyanax aux Grecs.

    * Acte II - Oreste parle à Hermione. Elle se montre prête à partir avec lui si Pyrrhus le veut bien. Or Pyrrhus, qui jusque-là la dédaignait, annonce à Oreste qu'il a décidé de lui abandonner Astyanax.

    * Acte III - Oreste est furieux de perdre définitivement Hermione. Andromaque implore Hermione et Pyrrhus en faveur son fils. Pyrrhus est prêt à changer d'avis si elle accepte de l'épouser. Andromaque hésite.
    
    * Acte IV - Andromaque est résolue à épouser Pyrrhus pour sauver son fils et à se donner la mort sitôt après par fidélité envers Hector. Hermione demande à Oreste de la venger des revirements de Pyrrhus en le tuant.

    * Acte V - Hermione regrette d'avoir exigé la mort de Pyrrhus, qu'elle aime. Survient Oreste : il vient d'accomplir la mission dont elle l'a chargé. Hermione le récompense par des injures : « Ah ! Fallait il en croire une amante insensée ? Ne devais tu pas lire au fond de mes pensées ? Et ne voyais tu pas dans mes emportements que mon cœur démentait ma bouche à tous moments ? ». Oreste est pris de folie, frappé par la malédiction des horribles Erynies : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ». Après avoir repoussé Oreste, Hermione se donne la mort.


Pyrrhus (Acte I, scène 4) :

« Hé quoi ! votre courroux n'a-t-il pas eu son cours ?
Peut-on haïr sans cesse ? et punit-on toujours ?
J'ai fait des malheureux, sans doute ; et la Phrygie
Cent fois de votre sang a vu ma main rougie ;
Mais que vos yeux sur moi se sont bien exercés !
Qu'ils m'ont vendu bien cher les pleurs qu'ils ont versés !
De combien de remords m'ont-ils rendu la proie !
Je souffre tous les maux que j'ai faits devant Troie.
Vaincu, chargé de fers, de regrets consumé,
Brûlé de plus de feux que je n'en allumai,
Tant de soins, tant de pleurs, tant d'ardeurs inquiètes...
Hélas ! fus-je jamais si cruel que vous l'êtes ? »

Jean Racine (1639-1699)


Texte intégral sur Wikisource


Andromaque sur Wikipédia
Écouter un extrait : Acte I



Les Personnages...

Andromaque, veuve d'Hector, captive de Pyrrhus.
Pyrrhus, fils d'Achille, roi d'Epire.
Oreste, fils d'Agamemnon.
Hermione, fille d'Hélène, accordée avec Pyrrhus.
Pylade, ami d'Oreste.
Cléone, confidente d'Hermione.
Céphise, confidente d'Andromaque.
Phoenix, gouverneur d'Achille, et ensuite de Pyrrhus.
Suite d'Oreste.

Les Voix...

Andromaque : Tiffany Princep
Pyrrhus : Vincent Planchon
Oreste : Thibaut Giraud
Hermione : Peggy
Pylade : Olivier Gaiffe
Cléone : Nicole Delage
Céphise :
Phoenix : André Deguffroy

Dédicace et préfaces : René Depasse

Réalisation : Thibaut Giraud


Télécharger le livre audio par acte (mp3) : clic droit, "enregistrer sous..."


Shubert, La Jeune fille et la mort - Andante par le Wiener Konzerthausquartett (1950-1953)


Creative Commons License

L'enregistrement, Andromaque, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.


mercredi 5 mai 2010

Georges Courteline - La Paix chez soi


La Paix chez soi
(clic droit sur le titre, "enregistrer sous...", mp3)

Lecture : René Depasse et Victoria
Théâtre
Durée : 37 min - (34 Mo)




Pour avoir la paix chez lui, un mari désabusé veut faire payer les caprices et le comportement désobligeant de son épouse par un système d'amendes...

« Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, tu n’auras de moi ni une chiquenaude, ni le moindre rappel à l’ordre : je mettrai cela sur la note, simplement. Tu paieras à la fin du mois. Hurle, braille, rugis, vocifère, fais du scandale tout ton soûl, trouble tant que tu voudras le repos des voisins ; tu n’as à t’occuper de rien : tu paieras à la fin du mois. Plus de querelles, j’en ai assez. Plus de pugilats, j’en suis las. Énergiquement déterminé à avoir la paix chez moi et ne l’ayant pu obtenir ni par les bons procédés, ni par les moyens extrêmes, je prends le parti de l’acheter avec tes propres deniers, chose qui ne fût point arrivée si tu me l’avais donnée pour rien. J’ai dit. [...] »




Georges Courteline (1858-1929)


Texte intégral sur Wikisource 


Écouter en ligne : 




Offenbach, Les Contes d'Hoffmann - Intermezzo - Barcarolle 02 par Le Choeur Sadler's Welles-Royal Philamonic Orchestra dirigé par Thomas Beecham (1951)


dimanche 11 avril 2010

Alfred de Musset - Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée


Musset - Livres audio gratuits - Au Fil des Lectures
Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée
(clic droit sur le titre, "enregistrer sous...", mp3)

Lecture : René Depasse & Victoria
Théâtre
Durée : 40 min - (37 Mo)



La Marquise

« Ma foi, si. Il faut supposer à une femme une tête bien vide et un grand fonds de sottise, pour se figurer qu’on la charme avec de pareils ingrédients. Croyez-vous que ce soit bien divertissant de passer sa vie au milieu d’un déluge de fadaises, et d’avoir du matin au soir les oreilles pleines de balivernes? Il me semble, en vérité, que, si j’étais homme et si je voyais une jolie femme, je me dirais : Voilà une pauvre créature qui doit être bien assommée de compliments; je l’épargnerais, j’aurais pitié d’elle, et, si je voulais essayer de lui plaire, je lui ferais l’honneur de lui parler d’autre chose que de son malheureux visage. Mais non, toujours : « vous êtes jolie, » et puis «vous êtes jolie», et encore jolie. Eh! mon Dieu, on le sait bien. Voulez-vous que je vous dise? vous autres hommes à la mode, vous êtes des confiseurs et des perruquiers. [...] »



Alfred de Musset (1810-1857) 


Texte intégral sur Wikisource 



Écouter en ligne : 






Rameau, Les Fêtes d'Hébé - Ouverture par L'American Baroque



Dances et Suites de Rameau et Couperin par L'American Baroque 



samedi 27 mars 2010

Georges Feydeau - Le Système Ribadier


Feydeau - livre audio gratuit - Au Fil des Lectures
Le Système Ribadier
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Théâtre
Durée : 2h - (112 Mo)



Les voix et les personnages :

Ar Men : Sophie
René Depasse : Savinet
Janico : Thommereux
Mêmebut : Gusman
Peggy : Angèle
Prof. Tournesol : Ribadier

Un grand merci à tous les participants pour leur sympathique contribution à ce projet collectif et ... pour leur patience !  Vincent  

Le Système Ribadier est une comédie en trois actes de Georges Feydeau représentée pour la première fois en novembre 1892  sur la scène du théâtre du Palais-Royal et écrite en collaboration avec Maurice Hennequin. 

Ribadier est le second mari d'Angèle, veuve de feu sieur Robineau. Suite aux tromperies de feu son mari, Angèle a développé une jalousie frisant la paranoïa et surveille étroitement les activités de son deuxième époux. Ribadier possède cependant le don d'hypnotisme et en profite systématiquement pour endormir sa femme lors de ses escapades, la réveillant à son retour grâce à un truc que lui seul connaît.

Jusqu'au jour où il se confie maladroitement à Aristide Thommereux, son ami commun avec Robineau, revenu d'un exil de plusieurs années à Batavia. Il ignore tout de l'amour que Thommereux dévouait à Angèle, raison de son exil par delà les mers...

Profitant d'une escapade de Ribadier, Thommereux réveille Angèle pour lui réitérer sa flamme... C'est à ce moment-là que Ribadier revient en catastrophe, poursuivi par le mari de sa maîtresse du moment, Thérèse, épouse d'un marchand de vins, Monsieur Savinet. (Présentation Wikipédia).


Texte intégral de la pièce sur Wikisource


Écouter un extrait : Acte I



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Acte I
Acte II
Acte III 


La Musique...

Offenbach, La Jolie parfumeuse, par FVHS Concert Choir



Pour aller plus loin...

Une vie, une œuvre, une émission de Catherine Pont-Humbert.


Labiche et Courteline furent ses précurseurs, Sacha Guitry le considérait comme son maître. Feydeau l’ingénieur du rire, l’horloger de génie qui a porté le vaudeville à son plus haut degré d’expression était aussi un homme mystérieux. Derrière l’élégante nonchalance qu’il promenait le long des grands Boulevards, Feydeau c’était aussi une tristesse insidieuse, persistante qui s’achèvera dans la folie. Et pourtant ! qui mieux que Georges Feydeau permet d’évoquer la Belle Époque, sa joie de vivre, sa légèreté, son insouciance, sa frivolité ! Avec ces personnages qui s’étourdissent dans la comédie des amours trompées, comme pour mieux oublier, ou ne pas voir…  (Présentation de France Culture)


Écouter en ligne :



Télécharger l'émission (mp3) : clic droit, "enregistrer sous..."

Une vie, une œuvre - Georges Feydeau



mercredi 9 décembre 2009

Georges Courteline - Monsieur Badin


Courteline - Livres audio gratuits - Au Fil des Lectures
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Lecture : René Depasse
Théâtre - Humour
Durée : 11min - (7,25 Mo)




« —Dites-moi, monsieur Badin, voilà près de quinze jours que vous n’avez pas mis le pied à l’Administration.
— Ne m’en parlez pas ! …
— Permettez ! C’est justement pour vous en parler, que je vous ai fait prier de passer à mon cabinet. [...] j’ai envoyé six fois le médecin du ministère prendre chez vous de vos nouvelles. On lui a répondu six fois que vous étiez à la brasserie. »

 

Georges Courteline (1858-1929)


Texte intégral sur Wikisource



Écouter en ligne



vendredi 4 décembre 2009

Racine - Bérénice (acte IV, scène V)


Livres audio gratuits - Racine - Au Fil des Lectures
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Lecture : René Depasse & Victoria
Théâtre
Durée : 12min - (11 Mo)




Bérénice
[...] Ah ! Seigneur, vous voici !
Eh bien ? il est donc vrai que Titus m'abandonne ?
Il faut nous séparer ; et c'est lui qui l'ordonne !


Titus
N'accablez point, Madame, un prince malheureux.
Il ne faut point ici nous attendrir tous deux.
Un trouble assez cruel m'agite et me dévore,
Sans que des pleurs si chers me déchirent encore.
Rappelez bien plutôt ce cœur qui tant de fois
M'a fait de mon devoir reconnaître la voix.
Il en est temps. Forcez votre amour à se taire,
Et d'un œil que la gloire et la raison éclaire
Contemplez mon devoir dans toute sa rigueur.
Vous-même, contre vous, fortifiez mon cœur,
Aidez-moi, s'il se peut, à vaincre ma faiblesse,
A retenir des pleurs qui m'échappent sans cesse;
Ou, si nous ne pouvons commander à nos pleurs,
Que la gloire du moins soutienne nos douleurs,
Et que tout l'univers reconnaisse sans peine
Les pleurs d'un empereur et les pleurs d'une reine.
Car enfin, ma Princesse, il faut nous séparer.


Bérénice
Ah ! cruel ! est-il temps de me le déclarer ?
Qu'avez-vous fait ? Hélas ! je me suis crue aimée.
Au plaisir de vous voir mon âme accoutumée
Ne vit plus que pour vous. Ignoriez-vous vos lois
Quand je vous l'avouai pour la première fois ?
A quel excès d'amour m'avez-vous amenée ?
Que ne me disiez-vous: "Princesse infortunée,
Où vas-tu t'engager, et quel est ton espoir ?
Ne donne point un cœur qu'on ne peut recevoir".
Ne l'avez-vous reçu, cruel, que pour le rendre,
Quand de vos seules mains ce cœur voudrait dépendre ?
Tout l'empire a vingt fois conspiré contre nous.
Il était temps encor: que ne me quittiez-vous ?
Mille raisons alors consolaient ma misère :
Je pouvais de ma mort accuser votre père,
Le peuple, le sénat, tout l'empire romain,
Tout l'univers, plutôt qu'une si chère main.
Leur haine, dès longtemps contre moi déclarée,
M'avait à mon malheur dès longtemps préparée.
Je n'aurais pas, Seigneur, reçu ce coup cruel
Dans le temps que j'espère un bonheur immortel,
Quand votre heureux amour peut tout ce qu'il désire,
Lorsque Rome se tait, quand votre père expire,
Lorsque tout l'univers fléchit à vos genoux,
Enfin quand je n'ai plus à redouter que vous
. 

Titus
Et c'est moi seul aussi qui pouvais me détruire.
Je pouvais vivre alors et me laisser séduire ;
Mon cœur se gardait bien d'aller dans l'avenir
Chercher ce qui pouvait un jour nous désunir.
Je voulais qu'à mes vœux rien ne fût invincible,
Je n'examinais rien, j'espérais l'impossible.
Que sais-je ? j'espérais de mourir à vos yeux,
Avant que d'en venir à ces cruels adieux.
Les obstacles semblaient renouveler ma flamme,
Tout l'empire parlait, mais la gloire, Madame,
Ne s'était point encor fait entendre à mon cœur
Du ton dont elle parle au cœur d'un empereur.
Je sais tous les tourments où ce dessein me livre,
Je sens bien que sans vous je ne saurais plus vivre,
Que mon cœur de moi-même est prêt à s'éloigner,
Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner.
 

Bérénice
Eh bien ! régnez, cruel, contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J'attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D'un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s'avouant infidèle,
M'ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j'ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n'écoute plus rien, et pour jamais: adieu...
Pour jamais ! Ah, Seigneur! songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L'ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?
Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.
 

Titus
Je n'aurai pas, Madame, à compter tant de jours.
J'espère que bientôt la triste Renommée
Vous fera confesser que vous étiez aimée.
Vous verrez que Titus n'a pu, sans expirer...
 

Bérénice
Ah Seigneur! s'il est vrai, pourquoi nous séparer ?
Je ne vous parle point d'un heureux hyménée ;
Rome à ne plus vous voir m'a-t-elle condamnée ?
Pourquoi m'enviez-vous l'air que vous respirez ?
 

Titus
Hélas ! vous pouvez tout, Madame : demeurez,
Je n'y résiste point. Mais je sens ma faiblesse :
Il faudra vous combattre et vous craindre sans cesse,
Et sans cesse veiller à retenir mes pas,
Que vers vous à toute heure entraînent vos appas.
Que dis-je ? En ce moment mon cœur, hors de lui-même,
S'oublie, et se souvient seulement qu'il vous aime.
 

Bérénice
Eh bien, Seigneur, eh bien ! qu'en peut-il arriver ?
Voyez-vous les Romains prêts à se soulever ?
 

Titus
Et qui sait de quel oeil ils prendront cette injure ?
S'ils parlent, si les cris succèdent au murmure,
Faudra-t-il par le sang justifier mon choix ?
S'ils se taisent, Madame, et me vendent leurs lois,
A quoi m'exposez-vous ? Par quelle complaisance
Faudra-t-il quelque jour payer leur patience ?
Que n'oseront-ils point alors me demander ?
Maintiendrai-je des lois que je ne puis garder ?
 

Bérénice
Vous ne comptez pour rien les pleurs de Bérénice ! 

Titus
Je les compte pour rien ? Ah ciel ! quelle injustice ! 

Bérénice
Quoi ? pour d'injustes lois que vous pouvez changer,
En d'éternels chagrins vous-même vous plonger ?
Rome a ses droits, Seigneur : n'avez-vous pas les vôtres ?
Ses intérêts sont-ils plus sacrés que les nôtres ?
Dites, parlez.
 

Titus

Hélas ! que vous me déchirez !
 

Bérénice
Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez ! 

Titus
Oui, Madame, il est vrai, je pleure, je soupire,
Je frémis. Mais enfin, quand j'acceptai l'empire,
Rome me fit jurer de maintenir ses droits :
Je dois les maintenir. Déjà plus d'une fois ,
Rome a de mes pareils exercé la constance.
Ah ! si vous remontiez jusques à sa naissance,
Vous les verriez toujours à ses ordres soumis :
L'un, jaloux de sa foi, va chez les ennemis
Chercher, avec la mort, la peine toute prête ;
D'un fils victorieux l'autre proscrit la tête ;
L'autre, avec des yeux secs et presque indifférents,
Voit mourir ses deux fils, par son ordre expirants.
Malheureux ! mais toujours la patrie et la gloire
Ont parmi les Romains remporté la victoire.
Je sais qu'en vous quittant le malheureux Titus
Passe l'austérité de toutes leurs vertus,
Qu'elle n'approche point de cet effort insigne,
Mais, Madame, après tout, me croyez-vous indigne
De laisser un exemple à la postérité,
Qui sans de grands efforts ne puisse être imité ?


Bérénice
Non, je crois tout facile à votre barbarie.
Je vous crois digne, ingrat, de m'arracher la vie.
De tous vos sentiments mon cœur est éclairci ;
Je ne vous parle plus de me laisser ici.
Qui ? moi, j'aurais voulu, honteuse et méprisée
D'un peuple qui me hait soutenir la risée ?
J'ai voulu vous pousser jusques à ce refus.
C'en est fait, et bientôt vous ne me craindrez plus.
N'attendez pas ici que j'éclate en injures,
Que j'atteste le ciel, ennemi des parjures ;
Non ; si le ciel encore est touché de mes pleurs,
Je le prie en mourant d'oublier mes douleurs.
Si je forme des vœux contre votre injustice,
Si devant que mourir la triste Bérénice
Vous veut de son trépas laisser quelque vengeur,
Je ne le cherche, ingrat, qu'au fond de votre cœur.
Je sais que tant d'amour n'en peut être effacée,
Que ma douleur présente, et ma bonté passée,
Mon sang, qu'en ce palais je veux même verser,
Sont autant d'ennemis que je vais vous laisser ;
Et, sans me repentir de ma persévérance,
Je me remets sur eux de toute ma vengeance.
Adieu.


Jean Racine (1639-1699)


Texte intégral sur Wikisource



Écouter en ligne




Henry Purcell, Didon et Énée, par le Mit Chamber Chorus